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2019_06_Michel Savonnet

Le docteur Michel SAVONNET nous a quitté le 29 mai dernier. Homéopathe, il a exercé pendant plus de 50 ans à Nancy et, dernièrement, il transmettait son savoir auprès d’étudiants à l’INHF-Paris lors d’un séminaire sur l’approche masiste.

Son confrère, le docteur Daniel Saelens lui a rendu un bel hommage lors de ses obsèques qui résume bien Michel :

Très cher Michel,

Te voilà donc parti, sans tambour, sans trompette, sans prévenir. Il est vrai que ce n’est pas dans tes habitudes de vouloir te faire remarquer. Et pourtant, tu ne passais pas inaperçu. Ta mauvaise foi en parlant de la cigarette n’avait d’égal que ta rage de comprendre les comportements humains qui te laissaient tellement pantois. Rebelle dans l’âme, torturé par le sens de la vie, scandalisé par l’hypocrisie, par l’injustice, par les faux semblants, tu donnais l’image du misanthrope aigri et ronchon.

Et pourtant, cette façade volait immédiatement en éclat dès le premier abord car derrière celle-ci se trouvait un cœur gros comme ça, un homme dévoué et profondément aimant. Derrière le pessimiste qui broyait du noir, se cachait un immense humaniste, une foi inébranlable dans la grandeur de l’Etre Humain, dans sa capacité à se réconcilier avec le divin en lui.

Cette foi, tu l’as trouvée d’abord avec l’homéopathie qui t’a réconcilié avec la médecine. Mais la véritable révélation, c’est ta rencontre avec l’œuvre du Dr Masi. Elle a été pour toi une véritable bouffée d’oxygène, une porte enfin ouverte vers la compréhension des maux qui frappent l’Humanité. Toi l’athée, toi l’iconoclaste, toi l’homme libre, toi le rebelle, tu t’es mis à étudier la somme de Saint Thomas d’Aquin avec une avidité incroyable ; tu as lu, relu, traduit, épluché, disséqué des milliers de pages de symptômes de nos remèdes homéopathiques. Tu les as passés à la moulinette, tu les as groupés, tu les as confrontés à la somme théologique pour en tirer le suc, pour en extraire la pépite.

La pépite, c’est de trouver le moyen de les utiliser facilement dans la clinique afin de relancer le processus de guérison et de permettre à l’homme de se libérer. Tu es parti, tu continues ton chemin en nous laissant orphelins de ta présence mais pas de ton œuvre. Le fruit de ton travail est resté ici-bas, il continuera à nourrir des générations d’homéopathes, à soulager nos patients, à sauver des vies. Nous t’en sommes profondément reconnaissants et espérons être à la hauteur de cet héritage que nous voulons rendre vivant, que nous voulons transmettre aux suivants.

Au revoir Michel